LES FAITS

The present-day city of Balkh, located north of Afghanistan, has been identified as the city of Bactra, ancient capital of Bactria, founded in around 2500 BC.

L’actuelle ville de Balkh, située au nord de l’Afghanistan, a été identifiée à la cité de Bactres, capitale antique de la Bactriane, fondée aux alentours de 2 500 av. JC.

Cette prospère cité commerciale, établie à l’intersection de routes importantes en provenance d’Inde et de Chine, et notamment du réseau des routes de la soie, est entrée dans la légende lors de sa conquête par Alexandre le Grand en 329 av. JC.

Bactres aurait également été, ainsi qu’en attestent nombre de textes anciens, la cité de Zoroastre ou Zarathustra, fondateur du zoroastrisme, avant d’être ravagée par les mongols de Gengis Khan au début du XIIIe siècle. Quelque cinquante ans plus tard, Marco Polo la décrit dans son Livre des merveilles comme une ville morte, dont ne subsistent que des ruines de marbre. C’est pourtant encore à Bactres, au XIVe siècle, que Tamerlan se proclame souverain, ce qui témoigne de la pérennité de son influence.

La cité antique, bien que perdue pendant plusieurs siècles, ne sombre jamais totalement dans l’oubli : elle est mentionnée par de nombreux textes, chinois, indiens, ou encore iraniens. C’est Alfred Foucher, fondateur de la DAFA (Délégation Archéologique Française en Afghanistan) qui initie la première campagne de fouilles à partir de 1924-1925, à l’emplacement de la citadelle – la partie la plus haute du site – entourée de onze kilomètres de murailles.

Mais c’est seulement en 2002 que la découverte fortuite de colonnes de facture grecque dans un village afghan fait définitivement taire les doutes qui persistaient quant à l’existence réelle de cette ville légendaire, baptisée « Umm Al-Belaad », (« mère des villes ») par les Arabes, en raison de son ancienneté. Le site de Balkh est aujourd’hui inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO.

METHODOLOGIE

A l’instar de nombreuses cités anciennes afghanes, la cité de Bactres était dotée d’un balahissar, une ville haute de 60 à 80 mètres, d’un kilomètre de rayon. Celle-ci était encerclée par une muraille de brique crue qui s’étendait sur une superficie d’une dizaine de kilomètres et qui demeure aujourd’hui encore très peu étudiée. Ses différentes phases sont ainsi presque inconnues, bien qu’on reconnaisse des phases hellénistiques, kouchanes ainsi que des phases islamiques plus récentes. Dans certaines zones, ces murailles ont même disparu, la terre qui les compose ayant parfois été utilisée par les locaux en tant que matériau de construction, notamment pour les enclos des maisons et l’érection de murs en terre crue. A d’autres endroits, des habitations ont été construites adossées à la muraille. Très peu de fragments des édifices en pierre – décrits par Marco Polo – ont en revanche été mis au jour.

ICONEM a contribué à la mise en œuvre d’une mission visant à réaliser un plan précis de la ville haute ainsi que des élévations des murailles, sur l’ensemble de leur longueur. Des sondages avaient préalablement été réalisés, afin d’en analyser la stratigraphie. Une cartographie en extension a ici été réalisée, les deux rendus étant complémentaires car permettant d’effectuer une comparaison. Cartographier les murailles permet d’en évaluer l’état de conservation, ainsi que d’anticiper l’évolution de celui-ci au cours des années à venir. Ce travail de grande ampleur a été financé par la DAFA et mené par son directeur, Philippe Marquis. .