Les sites de Shar-e-Zohak, Kakrak et Shar-e-Gholghola font partie de la vallée de Bamiyan, qui abritait jusqu’en 2001 trois bouddhas monumentaux sculptés dans la falaise. Devant la difficulté d’accès et la fragilité des vestiges de la région, l’UNESCO a mandaté Iconem pour évaluer l’état de dégradation de ces trois sites.

SHAHR-E GHOLGHOLA

Modélisation d'une "ville tabou"


Parmi eux, Shahr-e Gholghola, une ville abandonnée construite sur une éminence, est sans doute le site qui a laissé aux membres de la start-up l’impression la plus forte. 

Quand on l’observe à l’aide de drones, on est frappé par son état de conservation, et l’on ne peut s’empêcher de songer à l’histoire tragique qui a figé le site. Ici, le temps s’est arrêté en l’an 1221 :  l’empereur Genghis Khan, enragé par la mort de son petit fils, a envahi la ville et massacré toute âme vivante. Depuis, la ville, rebaptisée Shahr-e Gholghola, la « ville des murmures », est une zone-tabou. En raison d’une crainte populaire qui persiste encore aujourd’hui, on évite de s’en approcher, et aucune nouvelle construction n’a jamais été érigée. Depuis le treizième siècle, le temps a bien sûr fait « fondre » en partie les anciens bâtiments, pour la plupart construits en terre. Mais depuis le ciel, on n’a aucun mal à deviner le tracé des édifices et le plan de la cité médiévale. C’est bien la seule fois où Iconem a vu la guerre « protéger » des vestiges, et non les dévaster…

SHAHR-E ZOHAK

L’érosion qui corrode les parois des tours de cette forteresse la menace de destruction. ICONEM a été chargé par l’UNESCO ainsi que par l’équipe archéologique afghane de conduire la numérisation globale du site et de créer une cartographie 3D de la forteresse. L’utilisation d’un drone photographique a permis de procéder, dans un temps restreint, à la couverture de zones difficiles d’accès du fait de l’érosion. Par ailleurs, l’alignement des données collectées avec des images d’archives nous a permis d’évaluer la vitesse de dégradation des vestiges. Un processus similaire a été mis en place sur le site de Krakak.